Oreilles bouchées après un vol en avion qui ne passent pas : que faire

Passagère d'avion assise près du hublot, une main posée sur l'oreille pendant la descente, des nuages ensoleillés à l'extérieur

J’avais un rhume de début d’automne, rien de grave, et un vol pour Lisbonne déjà réservé. À la montée, tout allait bien. Mais pendant la descente, une douleur vive s’est installée dans mon oreille gauche, comme une pression qui poussait de l’intérieur. Au sol, tout le monde parlait comme à travers du coton. J’ai mâché, bâillé, avalé : rien. Le soir, l’oreille était toujours bouchée. Le lendemain aussi.

J’ai fini par consulter le troisième jour, et j’ai appris pas mal de choses sur ce qui se passe dans l’oreille en avion, ce qui aide vraiment, et les erreurs à éviter. Voici ce que j’aurais aimé savoir avant ce vol.

Je partage mon expérience et ce que le médecin m’a expliqué. Ça ne remplace pas une consultation, surtout en cas de douleur forte ou de baisse d’audition.

Pourquoi les oreilles se bouchent en avion

Derrière le tympan se trouve une petite cavité remplie d’air, l’oreille moyenne. Elle est reliée à l’arrière du nez par un petit conduit, la trompe d’Eustache, qui s’ouvre quand on avale ou qu’on bâille pour équilibrer la pression de chaque côté du tympan.

En avion, la pression de la cabine change pendant la montée et surtout pendant la descente. Si la trompe d’Eustache s’ouvre mal, la pression dans l’oreille moyenne n’arrive plus à suivre celle de la cabine : le tympan est tiré vers l’intérieur, ce qui donne la sensation d’oreille bouchée, une baisse d’audition et parfois une douleur. Les médecins parlent de barotraumatisme.

La descente est plus problématique que la montée, parce que la trompe laisse plus facilement sortir l’air qu’entrer.

Pourquoi certains sont plus touchés que d’autres

Le risque augmente nettement quand la trompe d’Eustache est déjà gênée :

  • un rhume, une sinusite, une rhinite allergique : le nez et la trompe sont enflés et produisent du mucus. C’était mon cas ;
  • les enfants, dont la trompe est plus étroite et plus horizontale ;
  • dormir pendant la descente, parce qu’on avale beaucoup moins souvent ;
  • certaines particularités anatomiques ou des antécédents d’otites.

Les gestes qui aident, pendant le vol

Le mieux est d’agir dès le début de la descente, pas quand la douleur est déjà là :

  1. Avaler souvent : boire par petites gorgées, sucer un bonbon, mâcher un chewing-gum.
  2. Bâiller, ou faire semblant, en ouvrant grand la bouche.
  3. La manœuvre de Valsalva douce : bouche fermée, pince le nez, puis souffle très doucement comme pour gonfler un ballon, jusqu’à sentir un petit “pop”. Jamais en forçant.
  4. La manœuvre de Toynbee : pince le nez et avale en même temps.
  5. Rester éveillé pendant la descente, ou demander à être réveillé.
  6. Pour les bébés, un biberon ou la tétée pendant la descente ; pour les plus grands, une boisson ou une sucette.

Ce que tu peux faire une fois au sol

Si l’oreille reste bouchée après l’atterrissage, voici ce qui peut aider, sans prendre de risque :

  • Continuer les manœuvres douces de déglutition et de Valsalva légère plusieurs fois par jour ;
  • Mâcher, bâiller, boire régulièrement ;
  • Faire des inhalations ou un lavage du nez au sérum physiologique si tu es enrhumé, pour aider la trompe à se libérer ;
  • Demander conseil à un pharmacien : selon ta situation, il peut te proposer un traitement local pour le nez, à utiliser seulement de façon brève et dans le respect des contre-indications.

Dans la grande majorité des cas, la sensation disparaît en quelques heures à quelques jours. Chez moi, il a fallu près d’une semaine, à cause du rhume.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

  • Souffler fort en pinçant le nez : une manœuvre trop violente peut abîmer le tympan ou l’oreille interne.
  • Mettre un coton-tige ou un objet dans l’oreille : le problème est derrière le tympan, pas dans le conduit, et tu risques de le blesser.
  • Mettre des gouttes dans l’oreille sans avis médical, surtout si tu as mal : en cas de perforation du tympan, certaines gouttes peuvent être dangereuses.
  • Reprendre l’avion ou faire de la plongée avant que l’oreille soit redevenue normale, sans avis médical.

Quand consulter

Consulte un médecin, ou un ORL, si :

  • la douleur est intense ou augmente au lieu de diminuer ;
  • l’oreille reste bouchée plus de quelques jours ;
  • tu observes un écoulement de l’oreille (liquide clair, sang ou pus) ;
  • tu as de la fièvre ;
  • tu ressens des vertiges, des nausées ou des bourdonnements importants ;
  • tu constates une baisse d’audition brutale ou marquée.

Une baisse d’audition brutale, des vertiges ou un écoulement de sang doivent faire consulter rapidement. Le médecin peut regarder le tympan avec un otoscope, vérifier s’il est rétracté, s’il y a du liquide derrière, ou s’il est perforé.

Si tu as aussi des sifflements qui persistent après un vol ou un événement bruyant, j’en parle dans mon article sur les bourdonnements d’oreille qui ne partent pas.

Tableau récap : ce que tu observes, que faire

Ce que tu observes Que faire
Oreille bouchée à l’atterrissage, sans douleur forte Manœuvres douces, mâcher, bâiller, patienter quelques heures
Oreille bouchée avec rhume Lavage de nez, conseil du pharmacien, manœuvres douces
Oreille toujours bouchée après plusieurs jours Consulter un médecin
Douleur intense, fièvre ou écoulement Consulter rapidement
Baisse d’audition brutale, vertiges Consulter rapidement

Mes précautions avant chaque vol depuis

  • Si je suis enrhumé, je demande conseil à mon médecin ou à mon pharmacien quelques jours avant le vol. S’il est franchement bouché, il vaut parfois mieux décaler le voyage quand c’est possible.
  • Je garde un chewing-gum ou une bouteille d’eau à portée de main pour la descente.
  • Je reste éveillé pendant la descente, même sur un vol de nuit.
  • Je commence les déglutitions et les petites manœuvres dès l’annonce du début de la descente, sans attendre la douleur.

Les vols long-courriers ont leurs propres défis, comme le décalage horaire, auquel j’ai consacré ma méthode pour l’éviter sur un long-courrier.

FAQ express

Peut-on prendre l’avion avec un rhume ? On peut, mais le risque d’oreille bouchée et douloureuse est plus élevé. Si tu as le nez très bouché, une sinusite ou une otite, demande l’avis d’un médecin avant de voler.

Les bouchons d’oreilles spéciaux avion sont-ils efficaces ? Certains bouchons sont conçus pour ralentir les changements de pression dans le conduit auditif. Ils peuvent aider certaines personnes, mais ne remplacent pas les manœuvres de déglutition.

Mon enfant pleure à la descente, que faire ? C’est souvent qu’il a mal aux oreilles. Faire boire un biberon, donner la tétée ou une boisson pendant la descente l’aide à avaler et à équilibrer la pression. S’il est enrhumé, demande conseil au pédiatre avant le vol.

Le tympan peut-il se perforer en avion ? C’est rare, mais possible, surtout en cas de rhume important et de descente rapide. Une douleur vive suivie d’un soulagement brutal, avec parfois un écoulement, doit faire consulter.

Mon avis : un rhume et une descente, c’est la combinaison à surveiller

Mon oreille a fini par se déboucher au bout de presque une semaine, sans séquelle, mais j’ai eu le temps de regretter d’avoir dormi pendant la descente avec un nez bouché. Mon conseil : à la descente, réveille-toi, bois, mâche et fais des petites manœuvres douces, et si tu es enrhumé avant le départ, demande conseil. Une fois au sol, ne force jamais, ne mets rien dans ton oreille, et consulte si la douleur, l’écoulement ou la baisse d’audition s’installent.

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Alex
Alex
Curieux pro · Blogueur du quotidien

J'écris sur tout ce qui me passionne et m'intrigue : la route, la maison, les voyages lents, la bonne bouffe et les petits objets bien pensés. Ici, pas de blabla : du vécu, des tests et des conseils que j'aurais aimé lire avant de me tromper.